Le Creusot, 23/04/2020

RÉUNION EN VUE DE LA REPRISE

Une réunion de reprise de contact en vue d’une reprise du travail pour tous le lundi 20 avril a eu lieu à Arcelor Mittal Le Creusot. Dans ce cadre, ils nous ont annoncé la fin officielle du chômage partiel. Les deux seuls cas d’absentéisme valable étant les personnes à pathologies à risques et la garde d’enfant. Ils nous ont bien évidement présenté un tas de mesures censées nous protéger sans être réellement convaincants, on n’aurait même pas de masque... Il y a une mesure assez incroyable et qui ne passe pas du tout auprès des gars. Afin de générer un temps de 10h00 entre deux vagues de douches, ils ont organisé un roulement d’horaire. A partir de lundi les inox devront faire 6/14h00, 14/22h00, 22/6h00 alors que le reste de la boutique reste aux horaires normaux, et ce n’est pas tout. Il va aussi falloir déménager des gars pour les répartir sur trois vestiaires afin d’avoir assez de douches disponibles. L’horaire ne passe pas mais alors pas du tout. Un horaire pareil est une petite révolution.

Le Creusot, le 25/03/2020

SALAIRE MOINS

On savait par Adecco que les intérimaires renvoyés chez eux ne seraient pas indemnisés à 100% de leur salaire. Maintenant on leur parle de 84%. On leur retire aussi les primes de panier. Mais quoi d’autre encore ?

PAS SÛR QU’ILS TROUVENT…

Une désinfection du site a été faite la semaine dernière. Maintenant, la direction cherche des volontaires pour revenir travailler en 2x8, une semaine d’après-midi et une semaine de nuit. Mais nous avons, pour la grande majorité d’entre nous, décidé de ne plus venir travailler dans ces conditions à l’usine...

ET EUX NON PLUS NE SONT PAS SÛRS

La direction a demandé à Adecco de prévenir les intérimaires qu’ils pourraient être appelés pour travailler, s’ils manquent de monde. Elle se prépare un plan B si les embauchés ne sont pas volontaires pour venir. Mais il va peut-être lui falloir un plan C à ce rythme.

Le Creusot, 20/03/2020.

INDUSTEEL FERME JUSQU’À NOUVEL ORDRE

Jusqu’à lundi, il n’était pas prévu que la Tôlerie ferme. Mais mardi matin certains d’entre nous ont demandé le droit de retrait. A partir de l’après-midi, on nous a renvoyés à la maison. Finalement, la direction a annoncé mercredi que l'usine s'arrêtait et on a trouvé ça mieux.

Le virus nous inquiète car à la maison nous avons nos proches, et nous devons veiller sur les anciens, les plus vulnérables au coronavirus.

Ne pas se tenir face à face, respecter une distance de sécurité d’un mètre, ne pas faire la queue à plus de trois devant la machine à café… On a pris nos précautions et plutôt deux fois qu’une.

Mais malgré toute notre vigilance, il reste forcément des situations où le virus se transmet. Il y a quelques jours, un collègue de la maintenance a du être renvoyé chez lui parce qu’il avait de la fièvre, entre 39 et 40°C. Et de nombreux collègues ont été envoyés à l’infirmerie en préventif, parce que des symptômes apparaissaient.

On ne se sentait plus de continuer le travail alors qu’il y a le risque de contagion. Il a fallu qu’on pose notre droit de retrait pour mettre fin à ce risque.

POURQUOI ON NE LE SENTAIT PAS

Au réfectoire, un seul flacon de gel hydroalcoolique. Aucun ailleurs.

Dans les ateliers, le point d’eau situé à grande distance de l’endroit où on travaille.

Des collègues évacués avec des symptômes grippaux, mais on continue comme si de rien n’était.

Ça pouvait durer encore un certain temps si on n’avait pas dit « stop »

UNE AFFAIRE À SUIVRE

La direction a promis 100 % d’indemnisation de salaire aux embauchés en les renvoyant chez eux. C’est la moindre des choses et ça devrait être étendu aux intérimaires.

Maintenant il faudra vérifier que c’est bien le cas et que la fermeture ne sert pas de prétexte à amputation du salaire.

« ON EST EN GUERRE »… CONTRE LES TRAVAILLEURS

Aux intérimaires, Adecco a annoncé qu’en cas de chômage on serait indemnisés à hauteur de 80 % de notre salaire. C’est à peu près la même chose que pour la plupart des travailleurs.

Nous payons la crise liée au coronavirus une première fois par les conditions de vie plus difficiles que cela nous impose. Une seconde fois en perdant 20 % de notre revenu. Et une troisième fois parce que le chômage technique est payé avec nos impôts, pas avec l’argent du patron.

Pour les banques et les grandes entreprises par contre, l’État s’est en revanche transformé en source illimitée d’argent. Et devinez à qui on va présenter la note à l’arrivée ?

Le Creusot, 09/03/2020.

LE BULLETIN LUTTE OUVRIÈRE ET LE VIRUS

Les mesures sanitaires nécessaires à la lutte contre l’épidémie de coronavirus risquent de tous nous contraindre assez rapidement à un confinement généralisé. Si l’entreprise est mise partiellement ou totalement au chômage technique, nous allons être plus ou moins coupés les uns des autres.

Mais même dans ces conditions-là, on reste dans une société où les patrons sont les patrons, et les ouvriers, les ouvriers. Et nous tenons à préserver autant que faire se peut les intérêts des travailleurs, qui sont rarement les mêmes que ceux de leur patron, bien que le virus, lui, n’a pas pour habitude de faire de distinction entre les classes. On a cherché un moyen de nous adapter à cette nouvelle situation pour maintenir cette feuille. Et nous avons décidé de mettre en place ce site internet dédié à notre feuille virtuelle.

Sur ce site, nous continuerons à poursuivre nos publications. Vous pourrez ainsi lire la feuille à distance. Et comme nous serons nous aussi confinés, pour nous informer, vous pouvez le faire en écrivant à l’adresse suivante :

le-bulletin@gmx.fr

Ne nous laissons pas abattre par le virus !